Deux abbayes à l’origine du village

Grille de l'abbaye
Plan de l'abbaye

Selon l’historien Lucien Musset, Les Préaux ont été, au Moyen Age, l’un des centres les plus actifs de la vie monastique du duché de Normandie. En effet, le village a comme origine les paroisses de ND des Préaux et de St Michel des Préaux.

Notre Dame des Préaux correspond à l’ancienne abbaye aux hommes de Saint Pierre des Préaux. Elle a été fondée avant 833, première mention connue. Elle fut sans doute détruite par les raids scandinaves et reconstruite vers 1033-1034 par Onfroy de Vieilles, seigneur de Pont-Audemer. Il fit bâtir également, vers 1035, à la demande de son épouse Aubrée de La Haye un autre monastère consacré à la Vierge et à Saint Léger, pour des religieuses cette fois.

Le village s’est d’abord appelé Pratellum et il s’est donc développé autour de ces deux monastères.

On trouve une notice sur ND des Préaux et sur l’Abbaye Saint Pierre établie vers 1833 par Alfred Canel, grand érudit local : « Onfroy de Vieilles […] établit le monastère dans le domaine de Préaux où il avait une habitation. Cette maison, avec ses fortifications, paraît avoir occupé la place où se trouve maintenant le nouveau moulin. » (A.Canel, Essai historique, archéologique et statistique sur l’arrondissement de Pont-Audemer, Paris, Vimont, 1833, tome 1, p.309-310) ; plus loin Alfred Canel continue ainsi : « L’église, à laquelle un poème du XIVe siècle, en l’honneur de la Maison d’Harcourt, donne l’épithète de belle, est entièrement détruite. Elle était en forme de croix et avait 64 pieds de large sur 160 de longueur […]. Il est fâcheux qu’on n’ait pas conservé les tombeaux curieux, que renfermait cette église […]. Derrière le chœur de ce monument coulait une petite fontaine, consacrée à Saint Pantaléon, que l’on venait invoquer pour l’hydropisie et les maux de jambes. L’image du saint a été transportée dans l’église paroissiale qui date du XIe siécle et est dédiée à la Vierge » (Ibidem p. 328-330). Ces deux abbayes ont eu un rôle de premier plan dans la vie économique, politique et culturelle du moyen Age. Le futur duc de Normandie et roi d’Angleterre, Guillaume dit le conquérant fut adoubé à l’abbaye Saint Pierre de Préaux. Les habitants des Préaux ont commémoré cet événement en 1987.

L’Abbaye fut détruite lors des affrontements de la guerre de Cent Ans. Elle fut reconstruite en 1367 puis confisquée par les Anglais en 1419.

La congrégation de saint Maur releva l’abbaye qui eut même le Cardinal de Mazarin comme commendataire. L’abbaye retrouva toute sa splendeur comme l’atteste une gravure de 1683 du Monusticon Gallicanum dont un exemplaire se trouve à la bibliothèque de Pont-Audemer.

Lors de la Révolution française de 1789, les abbayes déclarées biens nationaux furent vendues et détruites entre 1791 et 1793. Il ne subsiste de Saint Pierre qu’une partie du mur d’enceinte, la grille de l’entrée en fer forgé aux armes de l’abbaye, montée d’une couronne d’épines et d’une fleur de lys, déplacée devant une maison de brique rouge le long de la route (D.139). De Saint Léger, il ne reste rien sauf quelques pans de murs situés sur le Chemin de saint Michel (autrefois chemins des Dames de Préaux à la campagne).

Les deux paroisses deviennent communes, celle de Notre-Dame de préaux prenant pour un temps l’appellation de « Préaux-la-montagne » et fusionnent en 1844. A cette date, on y compte 530 habitants.

Bibliographie :

  • Lucien MUSSET, Comment on vivait au Moyen Age dans la région de Pont-Audemer d’après les chartes des abbayes des Préaux (XIe- XIIIe siècles, in Connaissance de l’Eure, n°31, printemps 1979.
  • André DEZELLUS, Les Abbayes des Préaux près Pont-Audemer, mille ans d’histoire, Edition Page de Garde, Elbeuf, 2003
  • Notes de Monsieur Guy LEGENDRE conservées en Mairie.